Pour vous aider à y voir clair, nous mettons à jour en continu cette page qui rassemble, mois par mois, toutes les actualités importantes de 2026 : réformes, décisions officielles, évolutions Qualiopi, nouveautés CPF…
L’objectif : vous offrir un point d’information centralisé, fiable et directement applicable dans votre quotidien d’OF ou de centre de formation.
Cette page sera mise à jour régulièrement tout au long de l’année 2026 afin de suivre au plus près l’évolution du secteur.
Date de derniere mis à jour : 15 janvier 2026
Sommaire
Janvier 2026 : les actualités importantes
Vers un référentiel Qualiopi v10
Après plus de deux ans de concertation, sa révision « entre dans sa phase finale ». Les ministères du Travail et de l’Enseignement supérieur lancent les dernières consultations auprès des certificateurs et des organismes de formation pour valider les propositions d’évolution.
Dans le nouveau référentiel, au moins « un nouvel indicateur spécifique à l’apprentissage » sera intégré, et les modalités d’audit seront revues. Ces travaux devraient être achevés d’ici fin février 2026. Les organismes de formation doivent d’ores et déjà se préparer à ces changements, en adaptant leurs preuves et processus internes pour intégrer les nouvelles exigences.
France Compétences : un nouveau vade-mecum de certification
France Compétences a publié le 21 janvier 2026 une nouvelle version de son vade-mecum des certifications (RNCP et RS), adoptée en commission le 17 décembre 2025 : un document “mode d’emploi” (36 fiches) qui couvre tout le parcours d’enregistrement (création, pré-étude, critères, évaluations, jury, blocs de compétences, correspondances, etc.).
Cette édition intègre les nouveautés réglementaires de l’été 2025 et précise la doctrine d’instruction à venir, notamment sur la durée d’enregistrement, la qualité/structure des référentiels et la prise en compte d’enjeux santé-sécurité (SST) et de transition écologique/numérique.
Projet de loi de finances 2026 : CPF et apprentissage
Le PLF 2026 (toujours en cours d’examen) acte une logique de “CPF plus ciblé, dépenses mieux tenues”. Les restrictions votées au Sénat restent globalement en place malgré des ajustements gouvernementaux : plafonnement à venir des formations inscrites au Répertoire Spécifique (RS) et des bilans de compétences financés par le CPF, et durcissement sur le permis B, mobilisable surtout pour les demandeurs d’emploi ou dans des parcours cofinancés.
Côté apprentissage, l’État conserve finalement le paiement des cotisations sociales salariales des apprentis du secteur public (pour éviter de rogner leur pouvoir d’achat et préserver l’attractivité), mais le budget prévoit aussi une baisse des aides à l’embauche, avec un ciblage plus restreint, ce qui réduit nettement les moyens mobilisés.
Zoom sur le CDD de reconversion
Depuis le 1er janvier 2026, un nouveau type de contrat de travail est en place : le CDD de reconversion. Ce dispositif permet à un salarié de suspendre temporairement son contrat initial afin de tester un emploi dans une autre entreprise pendant au moins six mois.
L’intérêt est de pouvoir expérimenter un nouveau métier sans renoncer à son poste d’origine : le contrat initial n’est pas rompu mais simplement suspendu, avec la garantie de retrouver son ancien emploi en cas d’échec de la reconversion. La durée du CDD de reconversion va de 6 à 12 mois (extensible jusqu’à 36 mois dans certains cas). La mesure vise à favoriser le maintien dans l’emploi des salariés tout en facilitant leur évolution professionnelle.
Pour les OF, ce dispositif ouvre la voie à de nouveaux besoins de formation liés aux reconversions. On peut s’attendre à une demande accrue de bilans de compétences et de parcours certifiants de courte durée, afin d’accompagner au mieux les salariés dans leurs projets de changement de métier.
CPF : une revalorisation de la participation obligatoire
Un arrêté du 30 décembre 2025 fixe à 103,20 € le montant de la participation obligatoire à la charge du titulaire du CPF pour toute formation en 2026.
Cette revalorisation, liée à l’inflation, s’inscrit dans la logique de responsabilisation des actifs. Pour les OF, il est essentiel d’intégrer cette donnée dans leurs outils de communication et parcours clients, notamment sur les modalités de financement et les exceptions possibles (demandeurs d’emploi, cofinancement employeur, etc.).
Inclusion : l’Agefiph et France Travail se rapprochent
Un rapprochement notable a eu lieu entre l’Agefiph (emploi des personnes handicapées) et France Travail (le service public de l’emploi). La plateforme de l’Académie France Travail est désormais interconnectée avec celle de l’Agefiph, ce qui permet aux conseillers du service public de l’emploi (France Travail, missions locales, Cap Emploi, etc.) d’accéder directement aux modules en ligne de l’Agefiph sur l’emploi et le handicap.
Concrètement, l’Agefiph propose une trentaine de modules e-learning couvrant les principaux enjeux de l’inclusion des personnes handicapées (types de handicap, compensation, accessibilité numérique, etc.). Ces contenus sont accessibles à tout professionnel accompagnant des personnes en situation de handicap.
La directrice générale de l’Agefiph souligne qu’il s’agit d’une étape importante pour l’inclusion, renforçant le partenariat avec France Travail. Indirectement, les organismes de formation bénéficieront de conseillers mieux formés pour orienter les publics handicapés vers des parcours adaptés.
CPF : 20 % des premiers dossiers audités révèlent des anomalies
La Caisse des dépôts, gestionnaire du CPF, a lancé en 2025 le premier audit annuel sur la qualité visant 1 000 organismes de formation (250 contrôles déjà réalisés).
Résultat : 7 % des prestataires contrôlés ont été invalidés et 13 % ont fait l’objet de réserves, soit 20 % d’anomalies au total.
Cet audit met en lumière une surreprésentation des organismes 100 % en ligne, des centres de formation en langues et des auto-écoles parmi les cas non conformes. Ce bilan conforte la volonté de renforcer les contrôles afin d’assainir l’offre CPF et de garantir la qualité des formations financées.
Qualiopi : huit instances de labellisation reconduits pour 3 ans
Du côté de la certification Qualiopi, la continuité est de mise. France Compétences a renouvelé pour trois ans (à compter du 1er janvier 2026) les huit instances de labellisation habilités à délivrer la certification Qualiopi.
Autrement dit, les certificateurs Qualiopi actuels le restent jusqu’en 2028. (France Compétences a examiné dix candidatures sans retenir de nouvel organisme dans la liste.) Ce renouvellement confirme la pérennité du dispositif Qualiopi.
Financement : versement trimestriel des contributions de branche aux Opco
Dans le volet financement, un récent texte réglementaire apporte des précisions. Depuis janvier 2026, les branches professionnelles peuvent choisir de confier aux Urssaf la collecte de leurs contributions conventionnelles de formation (au lieu de leur Opco). Ces fonds sont ensuite transférés à France Compétences, qui les répartit entre les Opco concernés. Pour l’instant, seules quatre branches (dont l’hôtellerie-restauration) ont opté pour ce dispositif pilote.
Un décret en préparation prévoit un reversement trimestriel de ces contributions aux Opco par France Compétences. Chaque branche pourrait demander un calendrier différent (par exemple semestriel), sur accord du conseil d’administration de France Compétences.
Apprentissage : première baisse en dix ans
Les chiffres publiés par la Dares fin 2025 montrent une baisse inédite des entrées en apprentissage : –4,4 % sur les dix premiers mois de l’année, soit 769 000 contrats signés. C’est la première diminution enregistrée depuis 10 ans.
Cette tendance est principalement liée à la baisse des aides publiques à l’alternance, amorcée depuis 2023. Le budget consacré à l’apprentissage passe ainsi de 3,4 milliards d’euros en 2025 à 2,4 milliards en 2026.
En 2026, seuls les contrats signés par des PME de moins de 250 salariés pour des formations de niveau bac ou infra bénéficieront encore de l’aide à l’embauche.
Les grandes entreprises ne sont plus subventionnées.
Les organismes de formation devront ainsi redoubler d’efforts pour accompagner les employeurs dans ce contexte restreint, et envisager une diversification de leur offre pour compenser la baisse potentielle d’activité liée à l’apprentissage.
CDD de reconversion : un nouveau levier pour les OF
Autre nouveauté du 1er janvier 2026, le CDD de reconversion entre en vigueur. Ce dispositif permet à un salarié de suspendre temporairement son contrat de travail pour tester un nouveau métier au sein d’une autre entreprise, pendant 6 à 12 mois, voire jusqu’à 36 mois selon les cas.
Le contrat d’origine est simplement suspendu, offrant au salarié une garantie de réintégration si la reconversion échoue. Les formations suivies durant cette période peuvent être financées par les OPCO ou le CPF. Pour les organismes de formation, cela représente une opportunité concrète de développer des parcours ciblés, modulables et adaptés à des projets de reconversion sur-mesure.
Ce dispositif s’adresse en priorité aux salariés en poste souhaitant évoluer vers un nouveau secteur, tout en conservant un filet de sécurité. Il pourrait ainsi entraîner une nouvelle dynamique pour les formations transverses, les bilans de compétences approfondis et les parcours certifiants de courte durée.
FAFCEA : Qualiopi obligatoire dès juillet 2026
Depuis le 1er janvier, tout organisme souhaitant obtenir des financements du FAFCEA (fonds pour les formations des artisans) doit être certifié Qualiopi. Une période de transition court jusqu’au 30 juin 2026.
Passé cette date, aucun financement ne sera accordé à un organisme non certifié. Cela renforce l’intégration de Qualiopi comme référent national de qualité, au-delà du CPF ou des OPCO. Tous les OF intervenant dans le champ artisanal sont donc appelés à anticiper leurs audits ou renouvellements d’ici la fin du premier semestre 2026.
Les critères de conformité (informations claires, suivi pédagogique, compétences des intervenants, analyse des besoins, amélioration continue…) doivent être au cœur de la stratégie qualité des organismes.
Décembre 2025
Le bilan de compétences reste financé par le CPF (avec un plafond à venir)
Bonne nouvelle pour les actifs en reconversion : le bilan de compétences demeure éligible au financement via le CPF. Le projet initial du gouvernement voulait exclure cette prestation du CPF pour réaliser des économies (estimées à 284 M€), ce qui a suscité de vives oppositions au Parlement.
Les sénateurs ont finalement voté un amendement réintégrant le bilan de compétences dans la liste des formations éligibles. En contrepartie, le texte ouvre la possibilité de plafonner par décret le montant mobilisable pour un bilan de compétences, afin de maîtriser les dépenses publiques.
Ce plafond reste à déterminer ultérieurement et s’appliquerait de la même façon pour tous les prestataires concernés. En somme, le bilan de compétences est sauvé dans le CPF, mais avec un modèle économique possiblement encadré dans le futur.
Permis B : le CPF réservé aux demandeurs d’emploi ou cofinancé
Autre mesure d’encadrement : la préparation au permis de conduire (catégorie B) restera financée par le CPF, mais seulement dans certains cas.
Le Sénat entend recentrer cet usage du CPF sur l’employabilité : le financement du permis voiture ou moto via le CPF serait désormais réservé aux titulaires du compte qui sont demandeurs d’emploi, ou aux projets faisant l’objet d’un cofinancement par un tiers.
En clair, un salarié en poste ne pourrait plus mobiliser seul son CPF pour payer son permis ; il lui faudrait soit être en recherche d’emploi, soit bénéficier d’un financement complémentaire (par un employeur, une collectivité, etc.).
L’objectif affiché est de prioriser les actifs qui ont le plus besoin du permis pour accéder ou se maintenir dans l’emploi. Cette restriction vise également à contenir une dépense devenue très lourde pour France Compétences (plus de 300 M€/an en 2023 pour le permis B) et à remettre le CPF sur sa mission première de financement de formations certifiantes.
500 € de soutien maintenus pour le permis des apprentis
Le Sénat a également tenu à préserver un coup de pouce important pour les apprentis. L’aide forfaitaire de 500 € pour financer le permis de conduire des apprentis devait initialement être supprimée en 2026 dans le cadre des économies budgétaires.
Cette suppression, vivement critiquée en raison de son impact sur la mobilité des jeunes, a finalement été rejetée par la chambre haute. En supprimant l’article du budget qui mettait fin à cette aide, les sénateurs actent le maintien de l’aide au permis de 500 €, utilisée chaque année par environ 62 000 apprentis.
Le message est clair : faciliter l’accès au permis de conduire reste une priorité pour soutenir l’insertion professionnelle des apprentis, notamment dans les zones mal desservies par les transports en commun.
Fin anticipée du Plan d’investissement dans les compétences (PIC)
Mesure phare et controversée : le Sénat a voté la suppression anticipée du PIC dès 2026. Ce Plan d’investissement dans les compétences, lancé en 2018 pour former des demandeurs d’emploi peu qualifiés et des jeunes, devait initialement s’étendre jusqu’en 2027.
Estimant que le dispositif n’a pas rempli tous ses objectifs et cherchant des marges de manœuvre budgétaires, la commission des affaires sociales du Sénat a proposé de stopper le PIC un an plus tôt.
Concrètement, les sénateurs ont supprimé 713 M€ de crédits qui étaient destinés à ce plan et plus largement à la formation des chômeurs. Leur idée est de réorienter ces fonds vers des dispositifs jugés plus efficaces pour l’emploi.
Cette décision radicale est fermement contestée par le gouvernement et une partie de l’hémicycle.
Missions locales et insertion : des moyens renforcés dès 2026
Que deviendront les crédits ainsi libérés par la fin du PIC ?
Les sénateurs ont prévu de les rediriger en partie vers les acteurs de terrain de l’emploi. Les missions locales, qui accompagnent les jeunes dans leur parcours professionnel, verraient ainsi leurs financements augmentés de 77,65 M€ afin de les maintenir au même niveau qu’en 2025. Cette rallonge compenserait la baisse de subvention initialement prévue et éviterait la suppression de plus d’un millier de postes de conseillers d’insertion, comme cela avait été craint lors des débats à l’Assemblée.
Parallèlement, les structures d’insertion par l’activité économique (SIAE) bénéficieraient d’un soutien supplémentaire de 139 M€. Ce secteur regroupe notamment les entreprises d’insertion, associations intermédiaires et ateliers chantiers d’insertion, qui permettent à des personnes éloignées de l’emploi de retrouver une activité.
L’objectif de cette enveloppe est de revenir au niveau de financement de 2024, afin de financer des milliers de postes d’insertion supplémentaires et de renforcer la formation des salariés en parcours d’insertion.
Ces mesures ont reçu un large soutien au Sénat, toutes tendances politiques confondues, tant le besoin de consolidation de ces dispositifs fait consensus.
En revanche, le gouvernement a émis des réserves sur la méthode de financement (la ponction sur le PIC), ce qui augure de négociations serrées à venir sur ce point.


